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Pourquoi jouer? (2/3)

Mis à jour : mai 28



La semaine dernière, j’ai vaguement abordé la résilience et l’une des manières dont on peut la cultiver, soit à travers le jeu. Aujourd’hui, je continue sur le même sujet en abordant un peu plus en profondeur les fonctions du jeu, mais avant tout, il est important de s'attarder à sa définition.


Alors, comment pouvons-nous définir le jeu véritable? Selon le Dr Stuart Brown, fondateur de la National Institute for Play, le jeu au sens auquel il l’entend n’est pas défini comme étant le sport de compétition avec ses règles et son encadrement comme on le voit bien souvent dans notre société. Il s’agit plutôt d’une activité purement volontaire qui procure une attraction inhérente, puisqu’elle nous fait sentir simplement bien. Celle-ci est apparemment sans but, c’est-à-dire qu’elle est simplement faite pour le plaisir qu’elle procure (on pourrait parler de motivation intrinsèque), où l’on perd la notion du temps et même la conscience de soi. C’est un aspect particulièrement important puisque cela signifie que (pour une rare fois), on ne se préoccupe plus de ce qu’on a l’air et de ce que les autres peuvent penser de nous. Enfin, cette activité est poursuivie par le désir continue que nous éprouvons et il nous offre un potentiel d’improvisation qui nous permet d’essayer de nouveaux comportements, de nouvelles pensées, des stratégies, des mouvements… bref une nouvelle perspective! (Brown et Vaughan, 2009).


Ceci étant dit, vous comprenez sans doute que le jeu favorise la création de nouvelles connections neuronales. D’ailleurs, ce n’est pas parce qu'on vieilli que le cerveau se dégénère, mais plutôt parce qu’on arrête de l’exploiter sous différents angles (surtout dans une société sur-spécialisée où nous restons toujours dans notre champ d’expertise). Par exemple, nous pouvons observer ce phénomène (extrême) chez les ascidies, lesquels sont une classe d’animaux marins à l’orée des vertébrés. Lorsqu’ils sont jeunes, ils se déplacent et explorent jusqu’à ce qu’ils trouvent l’emplacement idéal où s’attacher. À ce moment, ils arrêtent de bouger puisqu’ils ont tout ce dont ils ont besoin à proximité pour vivre (un peu comme si vous déménagiez au costco) et c’est alors le corps commence à digérer son cerveau! C’est un exemple extrême, mais qui explique bien l’adaptation du corps (Brown et Vaughan, 2009). Si nous n'avons pas besoin de penser, de bouger ou même de gérer notre stress pour survivre; le corps va s’adapter à ce nouvel environnement. Mais si nous n’avons plus besoin de faire quoi que ce soit, le corps ne travaille plus et va se dégrader.


Cela peut aider à comprendre pourquoi les espèces avec les plus gros cerveaux sont celles qui jouent le plus, puisque celui-ci les oblige à l’utiliser sans cesse. D’ailleurs, d’un point de vue évolutif, si le jeu n’avait eu aucune fonction les joueurs auraient disparus au profit des non-joueurs... et nous savons que ce n’est pas le cas.


Par ailleurs, le Dr Brown souligne que le jeu est un phénomène aussi nécessaire que le sommeil, bien que la majorité des gens en manque souvent dans les deux cas. Ce qui est intéressant dans ces deux situations, c'est qu'on remarque une réponse similaire de l’organisme chez les animaux lorsqu’ils en sont privés, c’est-à-dire un effet de « rebond » où l'animal va jouer plus (ou dormir plus) lorsqu’il en aura l’occasion. Enfin, ses recherches observent qu’une vie sans jeu fait face à une augmentation des risques de santé telle que la dépression, une diminution du système immunitaire et des troubles liés au stress. À plus grande échelle, une société dépourvue de jeu pourrait même connaître de plus haut taux de violence (Brown, 2010).


Alors, pourquoi jouer? Simplement car nous sommes faits pour jouer, ça nous amène à innover ainsi qu'à développer nos capacités relationnelles et cognitives. La bonne nouvelle, c’est que tout le monde peut jouer… et en plus c’est amusant! Alors, pourquoi devrait-on s’en priver?


Ne manque pas mon prochain article la semaine prochaine afin de savoir (si tu ne le sais pas déjà) quel type de joueur es-tu.

Sources:

Brown, S. et Vaughan, C. (2009). Play: How it shapes the brain, Open the imagination, and Invigorates the soul. Tantor Audio.

Brown, S. (2010). The practice of play with Dr Stuart Brown [Vidéo]. YouTube. https://www.youtube.com/watch?v=C9mEyuZ6Ir8&list=PLA38DCA66A0AEDE6F&index=4

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